Dois-je être royaliste si je suis chrétien ?

Une question pas si étrange que cela

Quelle étrange question à se poser en période de présidentielles. Mais elle vaut la peine d’y réfléchir : tout chrétien attend la manifestation visible du royaume de Dieu à la résurrection, cela implique-t-il qu’il devrait aussi y avoir un royaume, c’est-à-dire un roi, sur cette terre ?
Puisque nous voulons refléter le royaume de Dieu, faudrait-il le refléter sur terre dans nos gouvernements ?

Une réponse surprenante de Dieu

Il me semble que Dieu nous donne une réponse catégorique. Il me semble que Dieu nous explique quel gouvernement nous devrions vouloir dans ce monde où le péché existe et où il règne, d’une certaine manière. Il me semble aussi que la réponse de Dieu est surprenante.
Avant d’écouter cette réponse, faisons un voyage dans le temps, plaçons-nous au temps des juges. Regardons le chaos que le livre des juges nous décrit : excès de violence, prospérité spirituelle et matérielle en dents de scie avec plus de bas que de hauts. Le refrain de la fin du livre des juges nous décrit une réalité terrible : « En ce temps là, il n’y avait pas de roi en Israël, chacun faisait ce qui semblait bon à ses yeux. »
Le peuple juif en a assez, nous pouvons le comprendre, alors le peuple demande à Dieu un roi. C’est cette réponse de Dieu qui nous apprend le type de gouvernement qu’il préfère. Écoutons Samuel nous rapporter les paroles de Dieu :

Samuel rapporta toutes les paroles de l’Éternel au peuple qui lui demandait un roi. Il dit : Voici quel sera le droit du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils, et il les mettra sur ses chars et parmi ses cavaliers, afin qu’ils courent devant son char ; il s’en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante, et il les emploiera à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l’attirail de ses chars. Il prendra vos filles, pour en faire des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers, et la donnera à ses serviteurs. Il prendra la dîme du produit de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs bœufs et vos ânes, et s’en servira pour ses travaux. Il prendra la dîme de vos troupeaux, et vous-mêmes serez ses esclaves. Et alors vous crierez contre votre roi que vous vous serez choisi, mais l’Éternel ne vous exaucera point. (1Sa 8.10-18)

La réponse que Dieu leur donne est qu’il est préférable de vivre au temps des juges qu’au temps des rois. Même si la royauté en Israël est un type de la royauté de Christ, à cause du cœur mauvais de l’homme, il est mauvais d’avoir un roi et il est préférable de vivre comme au temps des juges.
Quel type de gouvernement avait-on à l’époque ? Pas de réel gouvernement, en tout cas, pas comme nous l’entendons. Il y avait une loi qui punissait les crimes où la vie des personnes et leurs bien étaient en jeu, mais qui laissait les crimes non violents impunis. Ainsi, il était mal de ne pas donner la dîme pour Dieu, mais il n’y avait pas de collecte, pas de taxe, chacun avait la responsabilité de donner de son propre gré. Les hommes avaient confiance que Dieu s’occuperait lui-même des contrevenants.
Le droit était maintenu par des juges. A quelques exceptions près, ces juges étaient locaux. Il n’y avait pas de politique nationale pour l’éducation, l’économie, etc. Les juges n’avaient qu’une autorité : faire appliquer la loi morale de Dieu.
Est-ce que c’est la panacée, est-ce que cela résoud tous les problèmes ? Non : nous avons déjà dit que les juges n’étaient pas toujours bons, et d’ailleurs c’est parce que les juges qu’il connaissait étaient particulièrement mauvais qu’Israël voulait un roi. Le péché existe dans le cœur des juges comme dans le cœur des rois mais Dieu considère qu’il est moins mauvais pour le peuple d’être sans roi.
Remarquons qu’avoir un roi choisi à vie comme Saül à l’époque du commencement de la royauté en Israël ou avoir un roi qui est élu tous les 5 ans, comme à notre époque et dans notre nation, ne change rien. Relisez ce que Dieu nous annonce et osez dire que ce n’est pas ce qui se passe en France et dans les autres pays, soi-disant, démocratiques :

Voici quel sera le droit du roi qui régnera sur vous. Il prendra vos fils, et il les mettra sur ses chars et parmi ses cavaliers, afin qu’ils courent devant son char ; il s’en fera des chefs de mille et des chefs de cinquante, et il les emploiera à labourer ses terres, à récolter ses moissons, à fabriquer ses armes de guerre et l’attirail de ses chars. Il prendra vos filles, pour en faire des parfumeuses, des cuisinières et des boulangères. Il prendra la meilleure partie de vos champs, de vos vignes et de vos oliviers, et la donnera à ses serviteurs. Il prendra la dîme du produit de vos semences et de vos vignes, et la donnera à ses serviteurs. Il prendra vos serviteurs et vos servantes, vos meilleurs bœufs et vos ânes, et s’en servira pour ses travaux. Il prendra la dîme de vos troupeaux, et vous-mêmes serez ses esclaves. (1Sa 8.10-18)

Roi ou président, c’est la même chose

Bien entendu, peu d’entre nous ont des champs, mais cela n’empêche pas l’état de prendre ce qui est à nous et de s’attribuer non pas la dîme mais une part encore plus grande de nos revenus.
Il n’est pas étonnant que Jésus aie dit : « Les rois des nations les maîtrisent, et ceux qui les dominent sont appelés bienfaiteurs. » (Luc 22.25)
Nous faisons encore de même, appelant bienfaiteurs ceux qui exploitent notre travail. C’est déjà ce qu’avait fait Israël qui n’a pas écouté l’avertissement de son Dieu : « Non ! dirent-ils, mais il y aura un roi sur nous, et nous aussi nous serons comme toutes les nations ; notre roi nous jurera il marchera à notre tête et conduira nos guerres. » (1Sa 8.19-20)
Malheureusement, nous faisons souvent comme le peuple d’Israël : nous appelons bienfaiteurs, protecteurs, ceux qui nous oppressent et nous nous illusionnons pensant avoir besoin d’eux plus que de Dieu.

Que devons-nous faire ? Une autre révolution ?

Bien entendu, nous ne sommes pas appelés en tant que chrétiens à faire la révolution. Nous n’allons pas renverser le gouvernement ni chercher à le faire. Nous sommes appelés à faire comme Jésus devant Pilate et comme l’ont fait avant lui de nombreux prophètes : dénoncer le mal de ces dirigeants tout en nous rappelant que nous avons les dirigeants que nous méritons et qu’ils sont institués par Dieu.

Nous vivons dans un autre royaume

Il est intéressant de noter que Dieu a placé les chrétiens dans un royaume qui fonctionne comme celui d’Israël avant d’avoir un roi.
Il nous a placé dans un royaume où le roi n’est pas visible, il est dans les cieux. Il nous a placés dans un royaume qui n’est pas constitué d’une grande nation mais de multiples familles, les Églises, et qui ne sont pas dirigées par un état tout puissant mais par des juges – les anciens – locaux.
Il est intéressant aussi de noter que comme cela n’a pas convenu à Israël, cela, trop souvent, ne nous convient pas : nous créons des presbytères, des diocèses ou des unions d’Églises pour nous fédérer et nous rendre plus forts.
Rejetons ces pensées, vivons dans des familles locales et alors que tout le monde s’agite autour de nous pour savoir qui va être désigné pour recevoir la lourde tâche de sauver la nation France, nous avons un sauveur qui a déjà assuré l’avenir de notre nation, le royaume de Dieu.