Entendre et reconnaître la voix de Christ

Qu’est-ce que l’intimité avec Christ ? Nous aspirons à avoir une relation avec lui, et la Bible nous promet que nous pouvons en avoir une. Mais comment développe-t-on cette intimité ?

Beaucoup prétendent que nous trouvons Christ dans ce que notre cœur nous dit ; nous nous sommes aperçus que ce n’était pas un conseil valable. Il ne vaut mieux pas se fier à son propre cœur.

Mais nous ne pouvons pas nous arrêter à savoir que notre cœur n’est pas un bon indicateur de notre communion avec Dieu : il nous faut quelque chose de plus positif. Qu’est-ce que la communion avec Christ ? Comment grandir dans cette communion ?

Dire simplement « ne te fie pas à ton cœur » n’aide pas beaucoup. Alors nous avons commencé à regarder où trouver cette communion. Nous avons trouvé deux manières pour la trouver :

Aujourd’hui, nous allons nous demander où trouver la voix de Christ, comment pouvons-nous l’entendre ? Encore plus important, comment la reconnaître et ne pas la confondre avec une autre ?

Une bonne nouvelle pour nous, c’est que Jésus nous explique ce que sa voix produit. Nous n’allons pas tant chercher la voix de Christ en elle-même, mais chercher quelque chose ou quelqu’un qui a les mêmes effets uniques que la voix de Christ.

Imaginons qu’un scientifique veuille rechercher un produit invisible et inodore, que fait-il ? Il commence par apprendre les caractéristiques de ce produit. Supposons qu’il apprenne que le produit qu’il cherche est le seul produit qui devient vert quand on le mélange à du chlore. Que va faire le scientifique ? Il va introduire du chlore là où il pense que ce qu’il cherche est. Lorsque quelque chose devient vert, il sait qu’il a son produit.

De même la voix de Christ a des caractéristiques exceptionnelles. Nous allons regarder quelles sont ces caractéristiques et chercher où nous les trouvons.

La voix de Christ est puissante et efficace

La première chose que nous devons nous rappeler, ce qui doit réjouir notre cœur, c’est que Christ nous a fait la promesse que nous entendrons sa voix. Nous ne sommes pas en train de rêver à quelque chose d’impossible lorsque nous cherchons à entendre la voix de Christ : nous exprimons notre confiance dans les promesses de Jésus.

En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans la bergerie, mais qui y monte par ailleurs, est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivront point un étranger ; mais elles fuiront loin de lui, parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. […] J’ai encore d’autres brebis, qui ne sont pas de cette bergerie ; celles-là, il faut que je les amène ; elles entendront ma voix, et il y aura un seul troupeau, un seul berger. (Jn 10.1-5, 16)

Jésus est clair : il a donné sa vie pour les siens, les siens le connaissent et entendent sa voix. Ils vont le suivre lui et pas un autre. Les siens sont autant ceux qui l’écoutent au moment où il prononce ces paroles que d’autres qui viendront après.

Nous voyons donc que la voix de Christ est irrésistible pour ceux à qui il a donné sa vie. Mais surtout nous voyons que cette voix les fait avancer.

Trop souvent, nous nous présentons Christ comme berger comme si le rôle du berger était de s’occuper d’une brebis qui serait un animal de compagnie. Les images de nos livres d’enfants représentent Christ tenant tendrement une brebis dans ses bras. Mais dans la Bible, les images de la brebis dans les bras du berger ne sont pas très bon signe : elles signifient que la brebis est tellement blessée qu’elle ne peut plus voyager.

Pour toutes les autres, pour les brebis bien portantes, ce n’est pas une vie assise sans rien faire dans les bras du berger qui est proposée. C’est une vie de marche, une vie où l’on suit notre berger, l’agneau de Dieu qui a donné sa vie pour nous.

La voix de Christ nous conduit à marcher dans ses pas, à suivre ses traces. Où le suivons-nous ? Le contexte est clair : Jésus nous parle de sa mort à venir. C’est donc dans le renoncement de soi pour faire la volonté de Dieu que la voix de Jésus nous appelle. Nous suivons l’agneau partout où il va, unis à lui dans sa vie et sa mort. Il nous appelle à mourir à nous-même, à perdre notre vie pour la gagner, comme lui l’a perdu pour la regagner (Jn 10.17-18).

Entendre la voix de Christ n’est donc pas se perdre dans le silence et chercher quelque chose qui nous chauffe le cœur, ou ressentir quelque chose de précis. Entendre la voix de Christ, c’est suivre Jésus, marcher comme lui.

Mais nous pouvons noter un autre effet de la voix de Christ : elle repousse ceux qui ne sont pas à lui :

 Les Juifs l’entourèrent, et lui dirent : Jusqu’à quand tiendras-tu notre esprit en suspens ? Si tu es le Christ, dis-le nous franchement. Jésus leur répondit : Je vous l’ai dit, et vous ne croyez pas. Les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes pas de mes brebis. Mes brebis entendent ma voix ; je les connais, et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle ; et elles ne périront jamais, et personne ne les ravira de ma main. (Jn 10.24-28)

La voix de Christ ne laisse pas indifférent, elle repousse ceux qui n’aiment pas le Christ.

Maintenant que nous voyons ce que fait la voix de Christ, nous allons pouvoir comprendre où elle se trouve.

Où pouvons-nous trouver cette voix ? (puisqu’elle n’est pas dans notre cœur)

Après les événements racontés en Jean 10, Jésus, juste avant sa mort, nous révèle une information importante. La première chose à noter est ce qu’il annonce aux apôtres :

Je vous ai dit ces choses pendant que je demeure avec vous. Mais le consolateur, l’Esprit-Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses, et vous rappellera tout ce que je vous ai dit. (Jn 14.25-26)

Quand sera venu le consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’Esprit de vérité, qui vient du Père, il rendra témoignage de moi ; et vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement. (Jn 15.26-27)

Quand le consolateur sera venu, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans toute la vérité ; car il ne parlera pas de lui-même, mais il dira tout ce qu’il aura entendu, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, parce qu’il prendra de ce qui est à moi, et vous l’annoncera. Tout ce que le Père a est à moi ; c’est pourquoi j’ai dit qu’il prend de ce qui est à moi, et qu’il vous l’annoncera. (Jn 16.13-15)

A diverses reprises, il a promis aux apôtres le Saint-Esprit et une action particulière du Saint-Esprit sur les apôtres. Récemment encore, j’ai entendu un prédicateur ami insister sur le fait que toutes les paroles de la Bible nous sont adressées. Les promesses faites par Jésus seraient faites à nous, et pas seulement aux apôtres.

Je suis d’accord avec lui sur le fait que Dieu me parle au travers de la Bible, que tout verset me concerne, mais c’est une erreur de croire que pour qu’il me parle, il doit me parler directement. Regardons par exemple 2 Timothée 4.13 : « Lorsque tu viendras, apporte le manteau que j’ai laissé à Troas chez Carpus, et les livres, surtout les parchemins. » Lequel d’entre nous a envie, en lisant ces versets, de se rendre à Troas, de chercher quelqu’un qui s’appelle Carpus pour aller y chercher un manteau et des livres qui appartenaient à Paul dans le but de les lui restituer ?

La suggestion est absurde. Nous savons que Paul est mort comme Carpus, le manteau et les livres sont probablement en poussière. De plus, quand bien même j’étais un membre de l’Église au temps de Paul, c’est à Timothée, le destinataire de la lettre, que Paul a confié cette mission, pas à tous les chrétiens.

De la même manière, nous pouvons être certains que les chapitres 13 à 17 de l’Évangile de Jean sont adressés spécifiquement aux apôtres.

Il est clair que je ne peux pas être le destinataire de ces promesses : Dans la première citation, Jésus promet aux destinataires que le Saint-Esprit leur rappellera après sa mort ce qu’il leur a dit avant de mourir. Je n’ai pas entendu Jésus me parler avant sa crucifixion… Comme tous ceux qui me lisent, je n’étais pas né.

La seconde citation exclut aussi que je puisse être un destinataire de la promesse. Jésus dit à ceux à qui il parle qu’ils lui rendront témoignage parce qu’ils étaient avec lui dès le commencement. Encore une fois, ni vous ni moi n’avons accompagné Jésus dès le début de son ministère.

Ces promesses sont  faites aux apôtres. Jésus leur promet une présence particulière auprès d’eux par l’action du Saint-Esprit. Cette action aura une double conséquence :

  • ils seront rejetés comme Jésus a été rejeté
  • d’autres croiront par leur intermédiaire

En fait Jésus va si loin qu’il divise tous les croyants en deux groupes : les apôtres et ceux qui croiront par l’intermédiaire des apôtres (Jean 17).

Nous n’écoutons pas la voix de Christ directement, mais par l’intermédiaire des apôtres.

Écouter la voix de Christ, c’est écouter les apôtres

La présence de l’Esprit dans les apôtres amène une telle communion avec Jésus, que Jean pourra dire :

Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché, concernant la parole de vie – et la vie a été manifestée, et nous l’avons vue et nous lui rendons témoignage, et nous vous annonçons la vie éternelle, qui était auprès du Père et qui nous a été manifestée – ce que nous avons vu et entendu, nous vous l’annonçons, à vous aussi, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous. Or, notre communion est avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ (1Jn 1.1-3)

Il invite ses lecteurs à une communion avec le Père et le Fils, mais cette communion passe par une communion avec les apôtres. Les yeux, les oreilles et les mains de Jean ont été en contact avec Jésus et cela lui donne une autorité particulière.

Plus tard, il dira qu’écouter les apôtres est une preuve d’une foi véritable :

 Eux, ils sont du monde ; c’est pourquoi ils parlent d’après le monde, et le monde les écoute. Nous, nous sommes de Dieu ; celui qui connaît Dieu nous écoute ; celui qui n’est pas de Dieu ne nous écoute pas : c’est par là que nous connaissons l’Esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur. (1Jn 4.5-6)

L’Esprit de vérité n’agit pas de la même manière pour les apôtres et pour les autres croyants. Pour les apôtres, l’Esprit de vérité les conduit dans toute la vérité directement. Pour les autres croyants, l’Esprit de vérité leur donne confiance aux apôtres si bien qu’ils écoutent les apôtres. Les non-croyants agissent autrement : ils rejettent les apôtres.

Ceux qui appartiennent à Jésus n’entendent pas la voix de Jésus directement, ils l’entendent à travers les apôtres. Paul a ainsi pu dire que Christ parlait en lui (2 Co 13.3). Quand Paul annonce un jugement, il peut dire qu’il le fait en union avec Christ et que son jugement porte l’autorité de Christ (2 Co 5.4).

Le Christ glorifié par sa résurrection, monté au ciel à la droite du Père, parle au travers des apôtres. Comme il le leur a promis, la voix des apôtres portera la voix de Christ et aura donc les mêmes effets que la voix de Christ : elle poussera ceux qui sont à Christ à suivre les apôtres et repoussera les autres.

C’est pour cela que Dieu a permis qu’une sélection des écrits des apôtres soient conservés : il voulait que nous ayons toujours accès à leur témoignage qui nous fait entendre la voix de Christ.

Pour entendre Christ, ne nous lassons pas de méditer et d’écouter la prédication de l’Écriture

Vous voulez entendre Jésus vous parler ? Alors précipitez-vous sur la Bible, lisez l’Ancien Testament qui pointe vers lui et les apôtres qui nous dévoilent Jésus et nous font entendre sa voix.

Entendez les apôtres vous convaincre de justice, de péché et de jugement avec la puissance du Saint-Esprit. Écoutez à travers eux Jésus vous appeler à la repentance.

Si vous rejetez la parole des apôtres, c’est le Christ que vous rejetez.

Mais si vous recevez leurs paroles, entendez les apôtres prononcer le pardon sur le pécheur repentant. Écoutez à travers eux Jésus vous absoudre de votre pécher.

Derrière les paroles des apôtres, entendez les paroles de Jésus, entendez sa voix et obéissez-lui. Cette voix parlera à votre cœur, mais ne viendra pas de votre cœur. Au contraire, elle jugera votre cœur, encouragera votre cœur, éclairera votre cœur. Elle ne le laissera pas comme il est mais cherchera à le transformer à l’image de Christ.