La joie de craindre Dieu

« La joie de craindre Dieu ? » Il semble ici y avoir une contradiction dans les termes. La première fois que j’ai utilisé cette expression, mon interlocuteur (un chrétien engagé) a eu l’air perplexe et m’a répondu : « C’est une intéressante association de mots. » J’ai eu l’impression qu’il voulait être poli mais qu’il pensait en son for intérieur : « Comment peut-on aimer avoir peur ? et de plus, comment aimer avoir peur de Dieu ? Être chrétien signifie avoir une relation personnelle avec Dieu, mais comment peut-on avoir une relation avec quelqu’un que l’on craint ? »

Ce genre de réaction de la part d’un responsable chrétien reflète l’état actuel du christianisme. Il fut un temps où c’était un honneur pour les chrétiens convaincus d’être reconnus comme des gens craignant Dieu. Mais au fil des années, cette vision des choses a disparu. A présent, la notion de crainte de Dieu, si toutefois elle existe encore, semble dépassée. La crainte de Dieu n’a plus le même sens qu’autrefois.

Mais aussi bizarre que cela paraisse, il y a de la joie à craindre Dieu. La Bible dit que Dieu prend plaisir en ceux qui le craignent et qu’il les comble de bénédictions. C’est donc un sujet qui mérite toute notre attention. La joie de craindre Dieu, p. 11

Ces mots ont été écrits en 1977 et ils sont toujours, malheureusement, d’actualité. Ce livre est donc toujours important pour nous tous. Il est d’autant important qu’il nous donne la clef pour craindre Dieu avec joie : connaître Dieu.

Prendre de la joie à craindre Dieu parce que nous le connaissons

La force du livre est de nous rappeler qui est Dieu. Nous craignons Dieu parce que nous savons qui il est. Nous avons de la joie à le craindre car nous savons qui il est.

Tous les sentiments que nous inspire une personne découlent de ce que nous connaissons d’elle. Connaître quelqu’un, c’est plus que de connaître des choses sur elle, mais ce n’est jamais moins que cela. Si je ne connais rien sur quelqu’un, je ne le connais pas du tout. Connaître ma femme commence par connaître des faits sur elle, comme sa date de naissance, ce qu’elle a fait, les événements qu’elle a traversés sur le chemin de sa vie et ce qu’ils ont produit en elle.

Lorsque nous éliminons la doctrine, lorsque nous oublions ce que la Bible nous annonce de Dieu et de son caractère, nous connaissons mal Dieu et nous perdons de vue qui il est. Comme nous ne le connaissons pas, nous n’éprouvons plus de crainte, plus de joie devant lui.

Jerry Bridges nous rappelle qui Dieu est, il nous rappelle entre autre ce que nous appelons les attributs de Dieu. En faisant cela, il nous permet de mieux connaître Dieu et donc de mieux le craindre avec joie.

La connaissance de Dieu que La joie de craindre Dieu développe en nous

Entre autres, Jerry Bridges nous fait découvrir ou redécouvrir :

  • l’incomparabilité de Dieu
  • sa grandeur
  • sa proximité
  • sa sainteté dans tout ce qu’il fait
  • sa sagesse manifestée dans la création et la croix
  • son amour

Ces attributs de Dieu et d’autres sont explorés pour faire croître en nous une bonne attitude envers Dieu. Tout est exploré en nous montrant comment la vision de Dieu change notre façon de voir la vie et d’agir. Par exemple, la royauté de Dieu, sa seigneurie, nous amène à voir l’autorité autrement et change notre manière de vivre notre vie d’Église ou de couple.

Chaque facette de Dieu est explorée de manière à faire naître en nous la crainte de Dieu et à nous faire comprendre comment se vit une vie dans la crainte de Dieu : dans une pleine conscience que celui qui pourrait légitimement et justement nous détruire nous aime et dirige toute chose pour le bien de ceux qui l’aiment.

Contempler Dieu et en vouloir toujours plus

Jerry Bridges résume cette vie dans la crainte joyeuse de Dieu ainsi : c’est une vie qui contemple Dieu et en veut toujours plus (p. 271).

La joie de craindre Dieu sera pour beaucoup une aide vers une vie qui croît dans la connaissance de Dieu. Grâce à cette connaissance, le lecteur attentif apprendra à craindre Dieu davantage et en décuplera sa joie.