Le travail et la volonté de Dieu – II

Maintenant nous comprenons que travailler c’est servir Dieu en servant les hommes. Cela dépasse le cadre de ce que nous faisons pour gagner notre argent. Tout ce que nous faisons pour les autres est inclus dans le travail. Nous avons 6 jours pour travailler, c’est à la fois peu et beaucoup.

C’est beaucoup parce que nous pouvons faire une quantité de choses incroyables en 6 jours. C’est peu parce qu’il y a tellement de besoins autour de nous que nous ne pouvons pas tout accomplir.

Comment comprendre ce que Dieu attend de nous ? Il nous faut commencer par lister nos relations. Certaines de nos relations sont choisies, d’autres pas. Mais quelques soient ces relations, nous voyons que la Bible les classe de cette manière :

  • Les relations familliales (en particulier les parents et les enfants)
  • les relations au sein de l’Église (entre membres ou entre anciens et membres)
  • la relation avec l’autorité légale (pays, juge, nation, clan…)
  • la relation avec nos amis
  • les relations professionnelles (en particulier la relation employeur/employé)
  • les autres relations (particulièrement la relation avec les pauvres, les veuves et les orphelins)

Mais maintenant que j’ai cette liste de relations, qu’est-ce que je fais ? Il vous faut comprendre ce que Dieu demande dans chaque relation. J’aimerais commencer à enlever une idée reçue. Souvent, nous essayons de hiérarchiser ces relations. C’est une erreur.

Toutes ces relations sont également importantes

Souvent, nous débattons pour savoir laquelle de ces relations est la plus importante. Nous pouvons croire que l’Église est tout ce qui compte et nous fermons alors les yeux si nous ne travaillons pas autant que nous le pourrions pour notre patron.

Ou alors, nous pensons que la famille compte plus que tout et nous ne voyons aucun problème à ne pas venir au culte un dimanche sur deux.

Il peut aussi arriver que nous travaillons 7 jours sur 7 délaissant toutes les autres relations autour de nous et détruisant peu à peu notre famille et notre relation avec notre Église.

Rien de tout cela n’est juste. Dans plusieurs sections de notre Bible, nous voyons Dieu prendre à coeur chacune de ces relations et nous demander de veiller avec soin à chacune (voir Ep 4-6 par exemple).

Nous avons autant la responsabilité d’honorer nos parents que celle de ne pas irriter nos enfants. Est-ce que cela veut dire que nous devons traiter tout le monde de la même manière, donner tout notre temps à tous ? Non, car si toutes ces relations sont importantes, Dieu ne nous demande pas de faire la même chose dans chaque relation.

Nous n’avons pas les mêmes obligations dans toutes ces relations

En effet, un homme n’a pas les mêmes obligations envers sa mère, sa femme ou une autre femme. Une femme n’a pas les mêmes obligations envers son époux, son fils ou son patron.

D’ailleurs, certaines relations évoluent avec le temps, notre relation avec nos parents n’est pas la même lorsque nous avons 6 ans, 30 ans ou 60 ans.

Puisque nous ne sommes pas Dieu, nous ne pouvons pas aider tout le monde de la même manière. Puisque Dieu sait que nous ne sommes que des hommes, il ne nous le demande pas.

Comprendre ce que Dieu nous demande dans chaque relation nous aide à éviter l’épuisement inutile comme l’inaction. Cela nous donne aussi une assurance pour refuser que quelqu’un nous exploite.

Ainsi, si mon patron commence à vouloir m’imposer des horaires qui me rendent incapable d’accomplir mes devoirs envers ma famille, j’ai un devoir de refuser pour honorer Dieu. Si ma mère s’imisce dans ma vie au point de vouloir interférer dans ma relation avec ma femme, je dois l’en empêcher. Si mon enfant adulte vit toujours chez moi à 35 ans et refuse de travailler, je n’ai aucune obligation de le laisser me parasiter, au contraire c’est mon rôle de tout faire pour qu’il obéisse à Dieu en quittant son père et sa mère. Aucune de ces personnes n’a le droit de m’exploiter et je n’ai pas à faire ce que Dieu ne me demande pas.

Dans un autre registre, si je suis adulte, Dieu me demande ainsi de travailler pour gagner ma vie. Si je ne fais rien de ma vie, si je me laisse aller à vivre du RSA sans vouloir rien faire, je désobéis à Dieu. Dieu me demande de gagner de quoi subvenir à mes besoins, ceux de ma famille et même de quoi donner aux plus pauvres que moi. Je suis responsable de cela. Il peut arriver que mes efforts ne soient pas couronnés de succès. Il est possible d’être pauvre sans que cela ne soit dû à notre négligence ou notre paresse. Mais il n’est pas juste de rester volontairement dans la pauvreté pour que les autres se sentent obligés de nous aider. En fait, si c’est le cas, les autres sont libres de refuser de nous aider.

Enfin, je n’ai pas non plus à m’imposer un rôle de sauveur du monde en multipliant mon aide à gauche et à droite comme si personne ne pouvait rien sans moi. Dieu ne me demande pas cela. Si j’aide tellement tous les pauvres que je ne peux plus aider ma famille, quelque chose ne va pas. Si je donne tellement de temps aux autres au point que je ne peux ni me reposer ni rendre culte à Dieu dans le cadre du rassemblement dominical, je dois diminuer ce que je fais pour pouvoir répondre aux obligations que Dieu me donne réellement.

Dieu a ainsi établi un cadre à nos relations pour que nous puissions comprendre ce qu’il attend pour pouvoir servir ceux qui nous entourent sans être débordés ou exploités. Au sein de ce cadre, nous sommes libres.

Notre liberté dans nos relations

Ainsi, Dieu nous demande de prendre soin de nos enfants, de les nourrir, de les protéger, mais ils ne nous donnent pas d’autres ordres que cela. Il ne nous dit pas que nous devons gagner notre vie en exerçant tel ou tel métier et en suivant un régime sans sel, ou paléo ou autre. Il nous laisse examiner la situation au mieux de nos connaissances, de nos compétences et de nos goûts.

Dieu nous demande d’aider ceux qui sont dans le besoin, mais il ne nous donne aucune cause particulière à servir. Les uns s’attacheront à aider leurs proches, d’autres se dévoueront à l’aide aux filles-mères sans foyer ou aux orphelins.

Nous nous tromperons, nous pécherons, mais la grâce de Dieu est là

Quelques fois, toutes les possibilités nous font peur. Nous avons peur de nous tromper, de ne pas faire les bons choix, de pécher involontairement.

Comprenons bien que tant que Christ n’est pas revenu, nous nous tromperons parfois, nous pécherons parfois. Mais Dieu est là avec sa grâce et sa providence. Même si nous nous trompons, rien n’est perdu car Dieu contrôle toujours toute chose. N’ayons plus peur de nous tromper, faisons de notre mieux et faisons confiance à Dieu.

Enfin, si nous sommes à Dieu, il nous promet qu’il nous changera, qu’il réparera toutes nos erreurs lorsqu’il rétablira toutes choses. N’ayons pas peur de notre liberté, c’est un cadeau de Dieu, avançons avec confiance.