Ruth, Jésus et nous, les non-juifs

D’une manière générale, le livre de Ruth nous dévoile Dieu qui agit au travers de gens ordinaires. A travers les difficultés de la vie, nous voyons Dieu diriger les événements pour que les grands-parents de David se rencontrent. Ainsi, par l’action invisible de Dieu, la dynastie qui va donner naissance à Jésus se met en place.

Mais ce n’est pas la seule manière dont Jésus est présent dans le livre. Le personnage de Ruth nous montre l’action de Jésus.

Ruth n’est pas n’importe qui : c’est une non-juive, une non-juive maudite de surcroit. Pourtant, elle se retrouve intégrée dans le peuple de Dieu. En fait, son histoire est notre histoire, l’histoire de tout non-juif qui arrive au salut.

Ruth la maudite

S’il y a une chose que l’auteur du livre de Ruth veut que l’on sache, c’est qu’elle est moabite. Ce détail nous est répété 7 fois dans le livre. Il nous est dit dès le départ qu’elle est moabite, puis six autres fois tout au long du livre, elle est appelée Ruth la Moabite. Pourtant, rien n’impose cela, il n’y a aucune autre Ruth dans tout le livre. Il n’y a même pas d’autre Ruth célèbre avec qui nous pourrions la confondre.

Pourquoi cela est-il important ? Parce que le peuple de Moab a été maudit par Dieu.

Au départ, Moab est un fils de Lot (Genèse 19.36-38). Le peuple juif et le peuple moabite sont donc liés. D’une certaine manière, ce sont des peuples frères. Mais lorsque le peuple juif se rendait en terre promise, Moab a traité le peuple juif en ennemi.

Dieu a donc maudit ce peuple par cette malédiction :

L’Ammonite et le Moabite n’entreront point dans l’assemblée de l’Éternel, même à la dixième génération et à perpétuité, parce qu’ils ne sont pas venus au-devant de vous avec du pain et de l’eau, sur le chemin, lors de votre sortie d’Égypte, et parce qu’ils ont fait venir contre toi à prix d’argent Balaam, fils de Beor, de Pethor en Mésopotamie, pour qu’il te maudisse. Mais l’Éternel, ton Dieu, n’a point voulu écouter Balaam ; et l’Éternel, ton Dieu, a changé pour toi la malédiction en bénédiction, parce que tu es aimé de l’Éternel, ton Dieu. Tu n’auras souci ni de leur prospérité ni de leur bien-être, tant que tu vivras, à perpétuité. Tu n’auras point en abomination l’Édomite, car il est ton frère ; tu n’auras point en abomination l’Égyptien, car tu as été étranger dans son pays : les fils qui leur naîtront à la troisième génération entreront dans l’assemblée de l’Éternel. (Deut 23.3-8 NEG)

Ainsi, Ruth n’est pas n’importe qui, elle est descendante d’un peuple qui est maudit et interdit d’entrer dans le peuple de Dieu. A chaque fois que l’auteur nous dit Ruth et qu’il précise qu’elle est moabite, il nous rappelle la malédiction qui est sur elle.

Ruth se convertit : la malédiction se transforme en bénédiction

Pourtant, Ruth rejette son peuple et les dieux de son peuple et décide d’intégrer le peuple juif pour suivre son Dieu. Elle fait en effet cette poignante déclaration à Naomi, qui est juive : « Ne me presse pas de te laisser, de retourner loin de toi ! Où tu iras, j’irai, où tu demeureras, je demeurerai ; ton peuple sera mon peuple, et ton Dieu sera mon Dieu. » (Ruth 1.16)

Le reste nous montre que Dieu a accepté sa conversion : elle aura une place particulière dans le peuple de Dieu et dans le plan de Dieu. Elle est la grand-mère de David. Au travers de cette femme maudite, Dieu met en place la dynastie de David, la dynastie de Jésus.

Comment a-t-elle pu entrer dans le peuple de Dieu malgré la malédiction que Dieu avait lancée ? Une chose est claire, ce n’est pas en vertu de la loi de Moïse, il n’y a que condamnation pour elle dans cette alliance.

Elle a bénéficié par avance de l’œuvre que Christ allait accomplir. Son descendant, Jésus, l’a purifiée. Comme Abraham a été sauvé en croyant à l’Évangile sous la forme qui lui avait été donnée à l’époque (Gal 3.8), elle a été sauvé en vertu, non de la loi de Moïse, mais de sa foi.

Parce qu’elle s’est mariée à l’ancêtre de David, à l’ancêtre de Jésus, elle a intégré le peuple de Dieu.

Tout cela nous rappelle que, si nous ne sommes pas juifs, nous ne faisons pas partie par nature du peuple de Dieu, mais si nous intégrons par la foi l’Église, l’épouse de Christ, alors la malédiction qui est sur nous à cause de notre péché et du péché d’Adam est transformée en bénédiction.

Si nous croyons comme Ruth a cru, nous sommes aussi greffés à la généalogie de Christ comme Ruth l’a été.

Le livre de Ruth nous montre ainsi la puissance de Jésus pour nous racheter de la malédiction sur nous.