Trouvez la communion avec Christ là où vous ne l’imagineriez pas

Parce que le Saint-Esprit agit puissamment en nous qui croyons, nous voulons avoir une relation profonde avec Jésus.

La semaine dernière, j’ai défendu l’idée que nous trouvons cette intimité dans la Bible et non pas dans notre coeur.

Mais pourquoi est-ce ainsi ? Qu’est-ce que je trouve dans la Bible que je ne trouve pas dans mon coeur ? Comment un livre peut-il me faire entrer en communion avec Dieu ? Pourquoi ce livre et pas un autre ?

C’est parce que l’essence de notre relation avec Jésus n’est pas ce que nous pensons. Notre union avec Christ est basée sur quelque chose que nous ne pouvons trouver que dans la Bible. Écoutons l’apôtre Paul nous parler du fondement de cette union.

La source de notre union avec Christ

Mais ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai regardées comme une perte, à cause de Christ. Et même je regarde toutes choses comme une perte, à cause de l’excellence de la connaissance de Jésus-Christ mon Seigneur, pour lequel j’ai renoncé à tout ; je les regarde comme de la boue, afin de gagner Christ, et d’être trouvé en lui, non avec ma justice, celle qui vient de la loi, mais avec celle qui s’obtient par la foi en Christ, la justice qui vient de Dieu par la foi. Ainsi je connaîtrai Christ, et la puissance de sa résurrection, et la communion de ses souffrances, en devenant conforme à lui dans sa mort pour parvenir, si je puis, à la résurrection d’entre les morts. (Phi 3.7-11)

La connaissance de Christ est centrale dans ce passage et son contexte.

Mais les caractéristiques de cette communion ne sont peut-être pas ce que nous pourrions penser. Cette communion :

  • est dynamique : ce n’est pas une vague émotion ponctuelle ou constamment égale. Il y a du mouvement, le reste du passage nous parle par exemple de Paul poursuivant Jésus, cherchant à le saisir comme lui-même a été saisi par Christ.
  • connaît un progrès dans cette relation, elle est censée croître et sa portée est tournée vers le moment du retour de Christ et de notre résurrection (Phi 3.11, 14, 20-21).
  • a pour point focal la justice que Dieu donne, la justice de Christ, pas la justice que Paul aurait.
  • est centrée sur la croix, particulièrement l’expérimentation de la mort et de la résurrection de Christ.

Cette union, cette relation, n’est donc pas simplement une sensation, un état d’esprit, elle est une bataille contre soi-même pour saisir ce qui nous est révélé de Christ par la croix. La poursuite de la connaissance de Christ, c’est un exercice de notre volonté qui applique avec obstination les vérités de l’Évangile à notre vie.

Ainsi, l’intimité de Paul avec Christ consiste à affirmer la justice de Christ qu’il a obtenue et à rejeter tout autre moyen d’obtenir la justice.

Pourquoi donc la Bible ?

Puisque la base de notre communion avec Christ est la justice que Dieu nous donne par Jésus, je n’ai rien ni en moi, ni dans le monde qui m’entoure, qui peut me le révéler.

En effet, le monde extérieur me parle de Dieu, me parle de sa sagesse et de sa bonté, au travers de ce monde, les perfections invisibles de Dieu se révèlent. Mais l’Évangile n’est pas révélé, la croix n’est pas expliquée.

Si je ne peux pas trouver cette union avec Christ dans le monde qui m’entoure, pourrais-je la trouver en moi ? Non.

Ma conscience me révèle que ce Dieu créateur est juste. Ma conscience me révèle ce qu’il aime et n’aime pas, le bien et le mal. Que fais-je ? J’agis comme ci Dieu n’existe pas, et j’agis selon ce qui me plaît. Si cela fait du bien, tant mieux, et si cela fait du mal, tant pis.

Ma conscience me révèle donc que je désobéis à Dieu et que je suis coupable devant lui.

C’est une relation avec lui, mais une relation où je suis coupable et où il est en colère contre moi. Le moins que l’on puisse dire, ce n’est pas la meilleure base pour une relation.

Par contre, l’Écriture me révèle la justice de Dieu, la justice de Dieu qu’il me donne à moi qui n’ai pas de justice propre. La Bible me parle de cette justice que Christ a acquise et qu’il donne par la foi.

Puisque la base de ma communion est la justice que Dieu donne en Christ et puisque seule l’Écriture m’apprend cette justice, seule l’Écriture est l’unique moyen que j’ai de connaître Jésus.

Je n’ai pas accès à l’Écriture que par la lecture ; l’enseignement de l’Église, mes dialogues avec d’autres chrétiens, par exemple, m’enseignent aussi l’Écriture et peuvent me permettre de rencontrer Christ.

Que dois-je donc faire pour être en communion avec Jésus ?

Dans le passage que nous venons de citer, Paul nous parle de sa relation avec Christ comme d’un combat, un combat qui a deux champs de bataille :

  • Tout d’abord, il rejette tout ce qui pourrait être une base pour sa justice.
  • Ensuite, il se saisit de la justice de Christ.

Comment imitons-nous Paul ? Comment approfondissons-nous notre relation avec Christ ?

Rejetons tous les concurrents à Christ. Pourquoi pensez-vous que Dieu prenne plaisir en vous ? A cause de vos prières ? De vos dons à l’Église ou aux pauvres ? Parce que vous êtes un bon mari ? Une bonne mère ? Un enfant obéissant ?

En dehors de Jésus, rien de tout cela ne peut plaire à Dieu : sur chaque point, quoique vous pensiez, quelques soient vos accomplissements, votre péché fait que Dieu est en colère contre vous.

Par contre si vous êtes en Christ, à cause de lui, de son oeuvre, Dieu prend plaisir en vous, malgré vos manquements. Dieu le juge ne peut pas prendre plaisir à notre vie imparfaite. Mais Dieu, notre père en Christ, peut prendre plaisir dans les pas de ses enfants, même s’ils sont imparfaits.

Pour développer ma relation avec Jésus, je médite donc sur la suffisance et la nécessité de son oeuvre à la croix. Je me bats pour affirmer une vérité : Dieu prend plaisir en moi à cause de l’oeuvre de Christ.

C’est pourquoi, il y a une autre implication à ce que nous disons, une autre manière de développer son intimité avec Jésus.

Tout le contexte du passage que nous avons lu est un contexte polémique. Paul appelle l’Église à rejeter certains qui, en son sein, rejettent cela. Tous ceux qui rejettent la suffisance de la foi en Christ doivent être mis à l’écart.

Nous développons notre intimité avec Jésus lorsque nous défendons notre foi contre les fausses doctrines qui détruisent la suffisance de Jésus. Nous devons donc rejeter avec force de telles doctrines (catholicisme, islam, témoins de Jéhovah).

Travaillons donc notre relation avec Jésus, saisissons-le en saisissant la justice qu’il nous donne même si cela nous fait rentrer dans des polémiques.